Sur la piste des bergers corses dans le Niolu et en Castagniccia : témoignages de la mémoire marrane

אֶשָּׂא עֵינַי, אֶל-הֶהָרִים–    מֵאַיִן, יָבֹא עֶזְרִי. Je lève les yeux vers les montagnes, pour voir d’où me viendra le secours.
יְהוָה שֹׁמְרֶךָ;    יְהוָה צִלְּךָ, עַל-יַד יְמִינֶךָ. C’est l’Eternel qui te garde, l’Eternel qui est à ta droite comme ton ombre tutélaire.
  יוֹמָם, הַשֶּׁמֶשׁ לֹא-יַכֶּכָּה;    וְיָרֵחַ בַּלָּיְלָה. De jour le soleil ne t’atteindra pas, ni la lune pendant la nuit.

Psaume 121

« C’est le Niolo, la patrie de la liberté corse, la citadelle inaccessible d’où jamais les envahisseurs n’ont pu chasser les montagnards … Quand on lève les yeux vers les crêtes, on s’arrête ébloui et stupéfait … Le ciel au-dessus semble violet, lilas, décoloré par le voisinage de ces étranges montagnes. »

Guy de Maupassant, Un bandit corse – 1882

Témoignages de croyances marranes dans le Niolu et en Castagniccia

niolu

Voici ce que m’ont confié deux bergers du Niolu : Antoine et Manuel qui se reconnaîtront. Les photos sont de l’un d’eux. Je les remercie avec une immense gratitude.

Peu à peu les pièces du puzzle de la mémoire juive profonde de Corse s’assemblent… avec le Niolu on est au cœur de la mémoire et de l’âme Corse, fragments de mémoire.

Carte

Casamalccioli, les maguen David de la Santa di Niolu

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Casamalcioli, Niolu

Casamaccioli (95 habitants dans la commune) est perché à 1 553 mètres d’altitude et voisine des communes d’Albertacce et de Calacuccia.

Ce village est le lieu du plus grand pèlerinage religieux de Corse et d’une foire au bêtes ou on fait la fête et des joutes de poètes.

Depuis 5 siècles, le 8 septembre de chaque année, on y célèbre A Santa di Niolu au village de Casamaccioli. On y promène alors A Santa di Niolu… une vierge qui est dans l’église recouverte de maguen David (étoile de David).

Santa_di_u_Niolu

D’où cela vient-il ? très probablement de l’arrivée des marranes par bateau dans cette haute région de Corse.  Françoise Sabiani qui, pendant 25 ans, a été maire de ce joli village du Niolu commente :

« On pense que la statue de Notre-Dame de la Stella est arrivée à Casamaccioli au XVIIIe siècle, car à cette même époque une chapelle y a été construite. On ne sait pas très bien où a été fabriquée cette statue de bois. Peut-être vient-elle de Gènes. Le seul élément dont nous sommes certains, c’est qu’elle a été offerte par un capitaine de navire qui est arrivé par miracle jusqu’en Corse, en suivant une étoile. Ensuite, pour la protéger, les bergers niolins qui étaient au Falasorma l’ont transportée à dos de mule jusqu’ici ». (source)

Il est probable que la maguen David se soit trouvée mixé aux Segnu di salomone local (voir ci-après) dans une mémoire juive marrane qui s’est développée dans cette région. Le 8 septembre au delà de la fête religieuse est le moment où les bergers (chèvres et brebis) redescendent vers la plaine (transhumance).

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Bergers à Casamalccioli, 2016

Cordier et paysans du Niolu

Scala di San Regina, des pierres pour mémoire

Le Golo dans la Scala de San Regina

Dans la Scala de San Regina, La Scala di Santa Regina (Santa r’ghjina en langue corse) le chemin longtemps unique voie de transhumance entre le Niolu et la plaine, Ce chemin millénaire de marches (scale) reliait Aléria à Galéria, la côte orientale à la côte occidentale de la Corse… on pose des pierres sur les lieux de mémoire comme sur les tombes juives.

Scala de santa Regina

 

Corscia, les 4 maguen David et les lunes de l’Eglise

Famille à Corscia

Le sentier de transhumance part de la scala de San Regina part de Corscia (810 m) et descend à Funtana di i Vignenti (504 m).

Dans l’Eglise de Corscia il y a 4 sceaux de Salomon et ensuite deux lunes qui se font face, une lune ascendante et une descendante.

 Segnu di Salomone

A Bococagnu, D-ieu ne manie pas d’espèces à Chabbat

Le proverbe Dans le village de Bocognanu 20 kilomètres plus au sud dans la petit région de Celavu, à coté de Tavera (un mot hébreu qui signifie incendie), où les gens s’appellent Salomon ou Jacob de patronyme Memmi… on dit :

Diu ún  paga micca tutti i sabati, ma da  u rapellu.

D.ieu  ne paye pas tous les samedis (sic) mais il donne le rappel

Les enfants apprennent à lire avec le sceau de Salomon et on marque tous les outils des bergers et les louches à lait de la maguen David. Ici un joug de vache du 19ème siècle :

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La sagesse de Salomon en Castagniccia, église de Carchettu

Dans l’église de Carchettu dans l’ancienne pieve d’Orezza, en Castagniccia on trouve d’étranges témoignages.

La statue du roi Salomon domine au-dessus de l’autel :

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Et cette inscription dans cette église baroque dédiée à sainte Marguerite construite par des artisans locaux de la Castagniccia aux 17e siècle :

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« Marguerite au plus haut des cieux, avant la Lumière, porte de Sion »

on trouve aussi un Salomon et un Jean l’évangéliste sur la chaire en bois.

U CONTU DI SALOMONE dans le Niolu

Voici un extrait d’un document rare écris dans les années 198O écrit en langue Corse à partir des traditions orales des pastore et paesani enseigné aux très jeunes pé i paesani é i pastore qui illustre ce que je dis :

Ce code oral lié à la vie de la lune structure toute la vie des bergers et des cultivateurs, il s’agit non pas d’us et coutumes mais d’une véritable croyance.

La tradition orale des bergers du Niolu U CONTA DI SALOMONE ,U FA é L’INFA di a LUNA parle de  » l’action de la lune dans la vie quotidienne « di i nostri Paese ». « E credenza nantu u Fattu di a Luna » (les croyances sur l’action de la Lune ) . » L’isula sana, a populu fattu, ùn à ché una voce : Una Luna ,qui dice? «  (l’ile entière, le peuple rassemblé , n’a qu’une seule voix : la Lune , que dit-elle ? ) -« Chi Prova Crede é chi ùn Prova ùn Crede « Celui qui applique cette croyance  Croit , celui qui ne l’ applique pas ne Croit pas « .

Le plus étrange dans ce document est l’attention que font ces bergers et paysans à un décompte très précis du calendrier, à la luna nova e vecchia aux jours fastes et néfastes d’un calendrier rythmé par le rythme de la lune.

Nous avons maintenant de sérieuses raisons de croire que cette croyance, sans doute ancestrale dans le Niolu vient des juifs ou tout au moins a été interprétée par eux avant de se fondre dans le culte chrétien.

Pourquoi Salomon ? l’explication par un autre marrane : Spinoza

Un marrane, le philosophe Spinoza dans son Traité théologico-politique sous titré : CONTENANT PLUSIEURS DISSERTATIONS où l’on fait voir QUE LA LIBERTÉ DE PHILOSOPHER NON SEULEMENT EST COMPATIBLE AVEC LE MAINTIEN DE LA PIÉTÉ ET LA PAIX DE L’ÉTAT MAIS MÊME QU’ON NE PEUT LA DÉTRUIRE SANS DÉTRUIRE EN MÊME TEMPS ET LA PAIX DE L’ÉTAT ET LA PIÉTÉ ELLE-MÊME, (voir ici : http://www.spinozaetnous.org/telechargement/TTP.pdf ) écrit à Amsterdam mentionne Salomon, figure du sage, prudent, de philosophe, celui qui donne accès à la science naturelle, celle qui dépend de la seule idée ou connaissance de Dieu permettant la « vraie éthique » et à la « vraie politique ». (T.T.P. p. 205.). Il définit la science de Salomon (cité 39 fois !) comme une philosophie naturelle qui rapporte à D-ieu l’inconnu dans la nature.

La science naturelle de Salomon est aussi appelée science de Dieu, c’est-à-dire science divine, science extraordinaire. Les Psaumes parlent aussi des cèdres de Dieu pour en exprimer la prodigieuse hauteur. Dans Samuel (chap; XI, vers, 7), pour signifier une crainte extrême, il est dit: « Et une crainte de Dieu tomba sur le peuple.  » C’est ainsi que les Juifs rapportaient à Dieu tout ce qui passait leur portée, tout ce dont ils ignoraient alors les causes naturelles. (Pg 17)

Spinosa rend un vibrant hommage à Salomon de plusieurs pages que nous ne pouvons ici que citer :

« Je veux parler de Salomon, et l’on sait assez que sa prudence et sa sagesse sont célébrées dans l’Écriture plus encore que sa piété et son caractère de prophète. Ce sage roi dit en ses Proverbes que l’intelligence humaine est la source de la vie véritable, et que le plus grand des maux, c’est l’ignorance. Voici ses propres paroles (chap. XVI, vers. 23) : « La source de la vie, c’est l’intelligence de celui qui est le maître de l’intelligence, et le supplice des esprits aveugles est dans leur aveuglement même [1] . » On remarquera ici que, par le mot vie, employé dans un sens absolu, il faut entendre en hébreu la vie véritable, ainsi qu’on en trouvera la preuve évidente dans le Deutéronome » (pg 47-49)

En hébreu Dieu est Emet, Vérité. Celui qui le comprend par son intelligence est un juste.

Salomon est aussi défini par lui comme un prophète qui « excellait entre les hommes par sa sagesse », ces « prophètes se distinguaient par une vertu singulière et au-dessus du commun, qu’ils pratiquaient la vertu avec une constance supérieure, enfin qu’ils percevaient l’âme ou la volonté ou les desseins de D-ieu » (pg. 20), « Salomon, Isaïe, Josué, etc., quoique prophètes, étaient hommes, et rien d’humain dès lors ne leur était étranger » (pg. 27). ; « personne, dans l’Ancien Testament, n’a mieux parlé de Dieu selon la raison que Salomon, dont les lumières naturelles surpassaient celles de tous les hommes de son temps » (Pg 29). « Salomon : enseigna que les biens de la fortune ne sont que vanité (voyez l’Ecclésiaste), que rien dans l’homme n’a plus de prix que l’entendement, et que la plus grande des punitions, c’est d’en être privé (Proverbes, chap. XVI, vers. 23). » (Pg. 29-30)

Il est donc possible que pour les marranes privés du judaïsme et méfiants face au christianisme, la figure de Salomon faisait juge de paix. Se remettre au calcul des cycles de lune revenait à s’intégrer dans la loi véritable, celle du cosmos et de son calendrier luni-solaire.

Il est probable que les références constantes dans ces églises à Solomon au-dessus de l’autel), à la maguen David, à la luna nova é la luna vecchia et au calendrier rappelait au fidèle le judaïsme au nez et à la barbe des autorités ecclésiastiques probablement complices (Le christianisme est structurellement un syncrétisme avec les cultures qu’il rencontre, grecque, indienne, africaine, etc…).

Il est probable que ces éléments étranges évoquent une forme d’âme marrane scindée, une double allégeance, que décrit très bien Yirmayaou Yovel. L’essentiel restant de maintenir la vraie tradition, celle du CONTU DI SALOMONE.

La Lune dans le judaïsme

La lune dans la Genèse

Berechit dit vayomer Elohim Yeei meorot : « D-ieu dit: « Que des astres apparaissent dans l’espace des cieux, pour distinguer entre le jour et la nuit; ils serviront de signes pour les saisons, pour les jours, pour les années » « Astres ou luminaires » en hébreu se dit « haMa’or » – מאור, de la racine Aour, lumière.

Une lumière que le Créateur a créé en premier au iom ehad, « jour UN ». « Dieu appela la lumière jour, et les ténèbres, il les appela Nuit. Il fut soir, il fut matin, jour UN (yom ehad). » (Gn 1, 5)

Les DEUX luminaires qui servent à inscrire l’homme dans le temps proviennent de l’unité primordiale. « Pour régner le jour et la nuit, et pour séparer la lumière des ténèbres. Dieu considéra que c’était bien » (Gn 1, 16). Il sont une bénédiction pour l’homme.

Le passage du UN au deux, de la lumière aux astres (mehorot) du jour et de la nuit permet de « séparer » pour générer, de passer du singulier au pluriel, de UN au DEUX. Ainsi nait la génération ; et le temps propre à l’homme.

La lune dans la tradition juive

Le judaïsme est une sanctification du temps qui fait coïncider l’instant fugace de l’homme avec l’éternité de l’Eternel. Est juif celui qui sanctifié le temps et prends le joug des cieux (règne de D.) la torah (Torah vemitzvot).

Dans le judaïsme, la journée commence le soir à l’arrivée de la Lune… car « Il y eut un soir, il y eut un matin. » (Gn 1, 5.8.13.19.23.31).

Comme la lune meurt et renaît à tous les 29 jours, elle est le symbole de la naissance, du perpétuel recommencement du temps. Elle symbolise la vie qui se renouvelle sans cesse, la Création.

La lune est si importante dans le judaïsme que le mot « mois » n’existe pas en hébreu. « Mois », se dit « lunaison » yérah… qui vient de yaréah qui signifie « lune » (Ex 2,2) ou l’on parle de Roch Hodesh pour désigner le premier jour du mois, la « nouvelle lune » qui vient de roch « la tête » ou « au commencement » (ex : Be-rechit) et de de l’adjectif hadach qui signifie « nouvelle » en hébreu (Ex 23,15), sous-entendu : « de la  lune ».

À l’époque du second Temple, on annonçait la Nouvelle Lune de nuit : deux témoins, après avoir scruté le ciel, allait l’annoncer au Sanhédrin qui proclamait officiellement la nouvelle lune et on propageait cette nouvelle par des sémaphores (feux allumés) sur des hauteurs de Jérusalem à toute la diaspora comme en la Babylonie (d’où le second jour de fête en diaspora, pour être sur du délai).

Pour célébrer Chabbat, la fête des fêtes, le vendredi soir, on attend la lune et 3 étoiles dans le ciel, de même pour sa sortie (Havdala) , le samedi soir.

L’heure de la prière est toujours en relation avec le ciel. Netz (le lever du soleil, 6h48 aujourd’hui à Paris) ou l’on doit dire chaarit (l’office du matin) et La chkia (21h00) qui détermine le coucher du soleil et 15 minutes plus tard, l’heure ultime de minha (prière de l’après midi).

Ces prières à heure fixe ne sont obligatoires que pour les hommes. Pourquoi pas les femmes ? parceque la femme, dont le corps est marqué par le cycle lunaire est considérée comme parfaite car naturellement lié au cycle de la Lune.

Ce jour là on bénit la lune, mais aussi à la sortie du Chabbat par la Birkat halévana. (bénédiction de la lune)

L’année est rythmée par les douze mois lunaires une pratique d’origine babylonienne. Mais la différence de 11 jours entre l’année lunaire et l’année solaire est comblée en ajoutant à tous les 2 ou 3 ans, un mois de plus au dernier mois de l’année : le mois d’Adar.

Les grandes fêtes de pèlerinage, d’origine agraire : Souccot (fête des Tentes), fête de l’engrangement des récoltes ; et Pessah (Pâque), qui tombe au mois de Nissan (Nissan vient du sumérien nisag qui signifie « prémice » des récoltes)… tombent toujours une pleine lune.

La Lune dans la Cabbala

Le Zohar résume :

« Lorsque la Lune était unie au Soleil, elle était lumineuse, mais dès qu’elle s’est séparée du soleil et qu’il lui fut assigné la charge de ses propres hôtes, elle réduisit son statut et sa lumière. “D-ieu fit les deux grands luminaires” (Genèse 1:16). Le mot “fit” signifie l’expansion et l’établissement du tout. Les mots “les deux grands luminaires” montrent qu’au départ ils étaient associés et égaux, symbolisant le nom complet de IHVH Élohim… Le mot “grand” montre qu’à leur création ils furent sanctifiés du même nom et accédèrent ensemble à la même dignité. La lune cependant n’était pas à l’aise avec le Soleil et en fait se sentait mortifiée par lui. La lune dit, “Où paissent tes moutons ?” (Cant des Cant 1:7). Le Soleil dit, “Où les fais-tu se reposer à midi ?” (Cant des Cant 1:7). Sur ce, Dieu lui dit, “Va et diminue-toi”. Elle se sentit humiliée et dit, “Que je ne sois pas celle qui se voile elle-même” (Cant des Cant 1:7). D-ieu dit alors “Va et suis les traces de ton troupeau”(Cant des Cant 1:8). Sur ce, elle se diminua afin d’être la tête des rangs inférieurs. À partir de cette époque, elle n’eut plus de lumière propre, mais reflète sa lumière du Soleil. Au départ ils étaient égaux, mais ensuite elle se diminua parmi tous ses rangs à elle, bien qu’elle reste leur chef ; car une femme ne jouit d’aucun honneur si elle n’est en conjonction avec son mari ». (Zohar, Berechit 19b-20a)

 

« La lune dit devant le Saint béni soit-Il : Est-il possible qu’un seul Roi se serve de deux couronnes en même temps ? Non, l’une à part et l’autre à part. Il lui dit : Je constate que tu désires être la tête des renards. Va et fais-toi petite, et bien que tu sois leur tête, tu seras diminuée par rapport à ce que tu étais. C’est ce que dit la lune : “Raconte-moi, ô toi que mon âme aime, où tu mènes paître le troupeau” (Cant des Cant 1-7), comment est-il possible pour toi de diriger le monde avec deux couronnes en même temps. “Où tu le fais gîter à midi” (Cant des Cant 1-7) : la Lune en effet n’est pas apte à briller et il t’est impossible de diriger le monde avec deux couronnes ensemble, avec la lune et le soleil – qu’est-ce que la lumière de la lune à midi ?

” Pourquoi serais-je comme une errante ? ” (Cant des Cant 1-7). Alors je serai moi enveloppée à midi, lorsque la lumière et l’ardeur du soleil iront augmentant. Je serai couverte de honte devant lui et je ne pourrai pas servir devant Toi. Quant à Toi, comment pourrais-Tu diriger en te servant de deux couronnes à la fois ?

Le Saint béni soit-Il lui dit : Je t’ai comprise ! Va et fais-toi petite, « Si tu ne le sais, ô la plus belle d’entre les femmes » (Cant des Cant 1-8), car tu as dit qu’il m’était impossible de conduire le monde avec deux couronnes à la fois, va et fais-toi petite, tu seras donc la tête des renards.

” Sors donc sur les talons des brebis” (Cant des Cant 1-8) : sors et sois la tête de ces foules et soldats d’en bas, fais-les paître et conduits-les et sois roi de tous les êtres inférieurs, dirige chacun d’eux comme il lui sied et règne pendant les nuits. Bien sûr, sors et fais-toi petite, telle est la chose qui te convient” ».

Zohar sur le Cantique des Cantiques, collection « Les Dix Paroles », traduction Charles Mopsik, Verdier 1999.

 

 שִׁיר, לַמַּעֲלוֹת:
אֶשָּׂא עֵינַי, אֶל-הֶהָרִים–    מֵאַיִן, יָבֹא עֶזְרִי.
Cantique des degrés. Je lève les yeux vers les montagnes, pour voir d’où me viendra le secours.
עֶזְרִי, מֵעִם יְהוָה–    עֹשֵׂה, שָׁמַיִם וָאָרֶץ. Mon secours vient de l’Eternel, qui a fait le ciel et la terre.
אַל-יִתֵּן לַמּוֹט רַגְלֶךָ;    אַל-יָנוּם, שֹׁמְרֶךָ. Il ne permettra pas que ton pied chancelle, celui qui te garde ne s’endormira pas.
הִנֵּה לֹא-יָנוּם, וְלֹא יִישָׁן–    שׁוֹמֵר, יִשְׂרָאֵל. Non certes, il ne s’endort ni ne sommeille, celui qui est le gardien d’Israël.
יְהוָה שֹׁמְרֶךָ;    יְהוָה צִלְּךָ, עַל-יַד יְמִינֶךָ. C’est l’Eternel qui te garde, l’Eternel qui est à ta droite comme ton ombre tutélaire.
  יוֹמָם, הַשֶּׁמֶשׁ לֹא-יַכֶּכָּה;    וְיָרֵחַ בַּלָּיְלָה. De jour le soleil ne t’atteindra pas, ni la lune pendant la nuit.
  יְהוָה, יִשְׁמָרְךָ מִכָּל-רָע:    יִשְׁמֹר, אֶת-נַפְשֶׁךָ. Que l’Eternel te préserve de tout mal, qu’il protège ta vie!
  יְהוָה, יִשְׁמָר-צֵאתְךָ וּבוֹאֶךָ–    מֵעַתָּה, וְעַד-עוֹלָם. Que le Seigneur te garde au départ et au retour, maintenant et pour l’éternité!

Psaume 121

 

 

 

 

[1] Cette expression : le maître de l’intelligence, est un hébraïsme. Celui qui possède une chose ou qui la contient dans sa nature est dit le maître de cette chose. C’est ainsi qu’en hébreu on appelle l’oiseau le maître des ailes, parce qu’il a des ailes ; et de même, l’homme intelligent est le maître de l’intelligence, parce qu’il est doué d’intelligence. (Note de Spinoza.)


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