Les noms des marranes de la Nouvelle Vintimille (Porto Vecchio),fondée sur les ruines de Porto-Vecchio en 1578-1579

La refondation de Porto Vecchio en 1578-79 par 69 familles (elles seront 126 quelques mois plus tard), 460 personnes environ des deux sexes- une véritable armada composée aussi de soldats !  pour fonder la Ventimiglia la Nuova, la Nouvelle Vintimile, sur les ruines de Porto-Vecchio, est connue; ce qui l’est moins c’est que beaucoup de ces émigrants pauvres, issus de multiples villages des villages de la cote ligure : San Remo, Porto-Maurizio, Alassio, Piombino… portent des noms marranes bien connus. un patronyme patronyme comme Abbo signifie père en araméen, Av en hébreu, c’est un patronyme juif commun.

Les lettres de Tommaso Carbone, le Gouverneur de l’île de Corse ,nous apprennent que : «… le bateau à destination dudit lieu Porto-Vecchio a dû lutter contre la mer et le 18 du mois dernier , alors qu’il avait mouillé près de Piombino, il n’a été sauvé que par miracle, une seule ancre sur les 3 qu’on avait jetées ayant tenu… » il note aussi que «… en un si long voyage avec autant de gens, seul un petit garçon est porté disparu » (Voir l’article de Fausto Amalberti – « Storia di Ventimiglia La Nuova« ).

La requête de Massa au Bureau de la Corse de l’Ufficio stipulait en son point 22: « Que vos Seigneurs illustrissimes concèdent à ses habitants de pouvoir nommer ce lieu de Porto-Vecchio, Vintimille la Nouvelle. ».

Le Gouvernement de Gênes édictait le 9 juillet 1578 vingt-six Capitoli  adressés à « Pietro Mazza et Giacomo Parmero » qui fixaient les conditions financières et militaires de l’expédition. Massa reçut le commandement de l’expédition, avec le titre de podestat, ayant des droits de justice.

Le chapitre 3 : « Conditions détachées à ce territoire de peur de se quereller au sujet de ses frontières, et des terrains qui sont donnés gratuitement pour toujours » stipule :

Pietro Massa ou Mazza le fondateur de Porto-Vecchio était probablement membre de la famille du jurisconsulte à Gênes Matteo Massa, qui fit partie de l’ambassade envoyée à Gênes lors de la prise de possession de la Banque sur Vintimille. Massa est le nom d’un ville Ligure où se trouvaient de nombreux juifs. Une charte des Archives secrètes de la sérénissime précise : « Domenico Cipollini, Consul de Nicora, demande et obtient de Gênes que les juifs de Massa et Carrare soient obligés de porter la rouelle quand ils vont à Nicora faire leur marché ». Les juifs de Massa et Carraca ont du porter le « badge jaune » en 1648 et étaient châtiés s’ils n’obtempéraient pas.

Massa  est un patronyme porté par des familles juives en Italie du nord. Il apparaît sous la forme Mazza en Calabre.

Massa, un mot qui signifie aussi « fardeau »  ou une charge dont on est responsable dans la Bible hébraïque ou massari : le chef d’une communauté juive en Italie à la Renaissance.

Ces marranes probablement originaires d’Espagne et du Portugal ont affronté la faim et le manque d’appui de Gênes, et se sont fondus dans la population ou sont repartis dans leur villages d’origine. On peut penser que les habitants actuels de l’île : Abbo, Bono, Crespi, Guglielmi, Lamberti, Lorenzi, Orengo, Sasso et Trucco, sont les descendants des émigrés partis avec l’expédition de 1578.


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